Conte des mille et une étoiles

Il était une fois une planète bleue. Au-delà du ciel, l’Univers veillait sur elle. Elle était un joyau de la galaxie. Cependant, non conscients de ce lieu à vivre si magique, sur bien des endroits de cette planète, les hommes et les femmes couraient, couraient, couraient. Pas le temps de s’arrêter croyaient-ils. Une cacophonie permanente irradiait avec force à l’extérieur de l’atmosphère.

« Je prépare un marathon? Je me blesse? Vite, il faut que je récupère, pas question de l’annuler!
Papa, on joue ensemble? Pas le temps, j’ai du travail.
C’est sûr, ça me ferait du bien mais je verrai plus tard.
Je l’appellerai demain…
Mademoiselle Jeanne, tapez moi ce rapport, c’est urgent.
Je ne me sens pas bien dans ma vie, j’étouffe.
Je ne peux pas me poser! Je n’ai jamais une minute à moi!
J’ai oublié, je l’appellerai demain…
Excuse, ça fait longtemps que je pensais à toi mais tu sais ce que c’est. Le temps passe si vite. »

Et le vrombissement des avions, et le bruit des voitures…

Les étoiles, de là-haut observaient cela avec curiosité. L’Univers lui-même en était tout étourdi… Au milieu de son immensité si paisible, à se réjouir et à contempler les astres et les galaxies multicolores. Tout ce brouhaha venant de cette si belle planète bleue finit par attirer réellement son attention. Un grand sentiment de compassion et de bienveillance grandit en lui et il décida d’aider les habitants de la planète bleue à ralentir.
Une maladie contagieuse se développa. Elle progressa si vite et si fort que tous les territoires de la planète furent touchés. Il fut décidé que chacun reste chez soi.
Beaucoup eurent peur, certains s’en amusèrent. Mais l’isolement perdura. Et le silence se fit entendre…

L’Univers  et les étoiles reçurent alors ce qu’ils attendaient. Ils entendirent plus de musique, ils entendirent des applaudissements massifs à certaines heures, ils entendirent…

« Comment vas-tu papy, mamie, Claude, Sarah, Ahmed?
Comme j’ai hâte de serrer (…) dans mes bras.
Merci que le soleil soit là ces jours-ci.
Pfiouh! C’est quand même mieux quand ma prof est là pour m’expliquer!
Je peux acheter beaucoup moins finalement.
Quel plaisir de jardiner avec toi maman!
Quelle chance d’avoir un toit et un lit. Merci!
J’avais oublié que c’était si agréable de préparer des crêpes et des gâteaux pour ma famille.
Quel silence… Dire que le monde entier aujourd’hui est en arrêt.
C’est sympa quand papa cuisine, non?
Je sentais que j’avais besoin de ce temps de repos. Comme ça fait du bien.
J’en peux plus de la télé…Toujours les mêmes choses abrutissantes.
Qui fait un jeu de société avec moi? »

Ils sentirent aussi de cœur à cœur des envies de changement, des prières pour un monde de paix, des élans d’amour pour la planète bleue et les gens entre eux.

La maladie finit par s’éteindre. Les hommes et les femmes de la planète bleue ressortirent de chez eux. Ce fut des rires, des étreintes prolongées.
Ils étaient transformés. Ils avaient enfin compris l’importance du silence, l’importance d’Être, avec soi et avec ceux que l’on aime. Ils avaient compris à quel point leur planète bleue, avec son ciel, ses oiseaux, ses jardins, ses abeilles était un joyau tellement précieux. Ils avaient compris aussi que rien ne serait plus comme avant.

On raconte que toutes ces pensées et prises de conscience lumineuses sont montées dans le ciel et que l’Univers s’est ainsi enrichi de mille et une étoiles…

Comments

  1. Merci Christine de mettre de si jolis et justes mots sur les ressentis de beaucoup d entre nous en ce moment . Tout simplement et du fond du cœur merci pour cette allégorie 🥰

  2. Je modifie mon premier commentaire… vous devriez être classée au patrimoine mondial de l’Unesco Comme personne d’utilité publique 😊

  3. Un retour à l essentiel qui devait être nécessaire et destiné à arrêter cette course perpétuelle vers … quoi ? Merci pour cette publication qui fait réfléchir.

  4. C’est très poétique, mais j’ai peur que la fin ne soit un brin (de muguet ?) utopique… Je ne crois pas que l’humain se soit décidé à comprendre. Mais au moins, il y a l’espoir. Bise, cousine.

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