Le jugement, aïe aïe aïe

Lorsque l’on fait un travail sur soi, il est incontournable d’être un jour confronté à la notion du jugement. Être jugé et juger les autres. Pour les gens de ma génération, notre éducation a énormément participé à cela. Nos parents et nos professeurs nous jugeaient en permanence.
Observer les situations où intervient le jugement est riche d’enseignement. Nous pouvons juger quelqu’un parce qu’il montre une part de nous que nous souhaiterions oublier ou parce qu’il ose exprimer une attitude que nous sommes incapable de manifester, ou tout simplement parce qu’il fonctionne différemment.

Voici quelques exemples:

Mon collègue de travail m’agace parce qu’il prend tout le temps la parole, j’ai la sensation qu’il essaye toujours de tirer la couverture vers lui.
Je le juge parce qu’il prend sa place et que c’est quelque chose que je ne parviens pas à faire à cause de ma timidité ou de mon manque de confiance.

Quand je regarde telle personne, je la trouve arrogante, elle me semble avoir un ego démesuré.
Je juge cette personne parce qu’elle montre un aspect de ma personnalité que j’ai aussi. Mais comme c’est une caractéristique négative, je préfère casser du sucre sur cette personne plutôt que d’admettre, en moi-même, que mon ego prend de la place de façon inadéquate dans certaines situations.

Le secteur privé peut porter un jugement négatif sur le secteur public, les vegan sur les « mangeurs de viande », les misogynes sur les femmes, les catholiques sur les musulmans et vice versa, les ouvriers sur les patrons et vice versa. Derrière ces attitudes se cache l’intolérance, elle-même nourrie par la peur. Ce type de jugement vient du fait que l’on perçoit l’autre comme un danger. Mais cette perception vient de croyances issues de notre éducation, de notre parcours et de notre personnalité. En quelque sorte, en jugeant celui qui fonctionne différemment de nous, notre part égotique prend du galon et qui sait, la vie pourrait nous avantager puisqu’on est mieux que l’autre. Lorsqu’on commente, pense ou dit quelque chose, se poser la question: « Y a t-il du jugement dans ce que je dis là? »

Toutes les rencontres que l’on fait sont des opportunités de découvrir qui l’on EST profondément. Celui ou celle que l’on a en face de soi nous permet de prendre conscience de ce qui nous blesse, nous stimule, nous donne envie de changer.
J’ai jugé à un moment de ma vie certaines personnes comme étant malveillantes vis à vis de moi, parce qu’elles dénigraient tantôt mon travail, tantôt ma personnalité…La personne qui m’a accompagnée à cette époque pour que je me sente mieux dans ma vie m’a fait prendre conscience de ma responsabilité: Pourquoi acceptais-je d’être traitée ainsi? Pourquoi ces attaques avaient-elles un tel impact sur moi?
La raison pour laquelle ces personnes me malmenaient est que je n’avais pas suffisamment confiance en moi. En prenant mieux conscience de qui j’étais, j’ai pu cesser d’être victime.

Je perçois l’énergie comme si elle était visible à l’œil nu, et alors?
Je sens le monde invisible autour de nous et je peux parfois communiquer avec, et alors? En prenant conscience que ma capacité à sentir le subtil était innée, j’ai cessé de me voir comme marginale, et j’ai pu arrêter de donner prise aux jugements extérieurs.

À l’inverse, j’ai été moi aussi jugeante. Par exemple, Il m’est arrivé de critiquer certaines personnes parce qu’elles faisaient des propositions audacieuses dans leur activité professionnelle. Je me suis rendu compte qu’en définitive, j’étais jalouse de ne pas avoir leur élan, de ne pas avoir le talent de me mettre en avant. Cela m’a encouragée à sortir de ma coquille et m’a permis d’arrêter ce type de jugement.

Le jugement envers les autres est un vrai poison, parce qu’il est ressenti par celui qui en fait les frais comme de la malveillance. Or, celui que l’on juge parle de nous. Toujours. Toutes les situations extérieures sont le reflet de nos filtres personnels. Ce que nous vivons, les interactions que nous avons avec les autres ont une réalité neutre (c’est). Ce qui fait qu’elles sont difficiles à vivre vient de l’interprétation que nous en faisons, car chaque humain  les reçoit avec sa culture et son vécu personnel.
Le jugement porté sur soi, quant à lui, empêche de déployer tout son potentiel personnel. C’est important d’identifier ses talents et de reconnaître ses qualités. Ça évite de vouloir écraser les autres ou de se sentir écrasé. Et surtout, ça permet au monde de recevoir la richesse de chaque être humain.
C’est un sacré challenge de pouvoir se regarder soi, et de regarder l’autre, avec un regard au minimum neutre. Encore mieux si ce regard est bienveillant et encourageant!

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